La boîte à idées - Le blog de Jean Chambard

La boîte à idées - Le blog de Jean Chambard

L'espace Presse


Suivre l'évolution des prix sur Amazon

 

Paris, le 22 avril 2019

 

Qu'on aime ou qu'on déteste, on ne peut pas ignorer la place qu'a pris Amazon dans notre vie et la façon dont cette entreprise a profondément modifié notre façon d'acheter. Dans un paysage où l'innovation est totalement absente (on achète encore dans son supermarché Carrefour ou Auchan comme on achetait il y a 20 ans), Amazon apparait comme un véritable trublion.

 

Avec une expérience client simple et efficace et un service irréprochable, une politique de prix tirée au cordeau, Amazon fait référence. Une domination qui s'accompagne comme souvent d'une face obscure, comme le dénoncent les nombreux articles de presse et enquêtes, la dernière ayant été diffusé le 13 janvier 2019 sur M6 dans Capital. Gaspillage, conditions de travail dans les entrepôts ou optimisation fiscale à outrance, tout y passe. Et pourtant Amazon reste solide leader de la grande distribution, avec le chinois AliBaba (et sa filiale grand public AliExpress).

 

Vendre sur Internet pour de nombreuses entreprises passe désormais par Amazon et son fameux MarketPlace. Amazon fait désormais comme le fait Google avec ses premiers résultats, il vend les premières places des résultats de son moteur de recherche, permettant aux entreprises vendeuses de gagner en visibilité. Quant au prix de la marchandise...il s'avère être le résultat d'algorithmes de calcul très savant.

 

Amazon change ses prix près de 2,5 millions de fois par jour, selon un algorithme similaire à celui qui calcule les prix de billets d’avions en ligne qui évoluent en fonction de la demande et de la date de la commande (le week-end c'est plus cher). L’algorithme d'Amazon va quant à lui compiler des milliards de données analysant les habitudes d’achats des consommateurs, les prix des concurrents, ou encore l’inventaire de ses stocks pour décider de ses prix.

 

Les produits les mieux vendus affichent des prix souvent bien placés, qui vous feront croire qu'Amazon est moins cher tout le temps sur tous les produits. Et en faisant vous courses sur Amazon, vous achèterez donc d'autres produits moins courants, mais bien plus cher que la normal. Pour éviter d'avoir à suivre les montagnes russes que fait faire l'algorithme aux prix d'Amazon, il existe une parade qui permet de savoir quel est le juste prix. Le suiveur de prix ! Deux sociétés s'en sont fait une spécialité, Keepa et CamelCamelCamel. J'ai testé les deux et voici mon verdict.

 

1 - La page Amazon de référence

J'ai pris une page Amazon de référence pour cet article, que je reproduis ici

 

 

Il s'agit de l'intégrale de la série "Downton Abbey" en blu-ray. Curieusement, Amazon me propose la version allemande en premier, au prix de 79,55 €, alors que je ne maîtrise plus la langue de Goethe depuis la terminale, et que la version française en cherchant bien est à 129,99 € sur le marketplace. Mais peu importe. Voyons ce que nous dit Keepa et CamelCamelCamel. Ou plutôt les add-ons que proposent ces outils pour Navigateur Firefox, Chrome, Opera ou Edge...

 

2 - Les prix selon Keepa

Keepa est l'un des plus anciens "suiveurs de prix". Et cela se voit sur l'interface un peu surannée. En cliquant sur "Rechercher", on peut chercher un article sur Amazon et afficher l'historique des prix.

 

 

 

 

Mais le plus simple est d'aller chercher l'extension Keepa sur le marketplace de votre navigateur préféré et de l'installer.

 

 

 

Une fois installé, l'extension vous permet d'afficher la liste des prix directement dans la page Amazon, plutôt que de coller le lien de la page Amazon sur le site de Keepa. Pratique non ? Pour moi, c'est magique...et quelque peu dérangeant. Une simple extension modifie la page du site Amazon...diantre. Voici donc ce que cela donne avec ma page de référence sur Downton Abbey...Le graphique des prix apparait juste dessous le produit, et en déplaçant la souris sur la courbe, on peut afficher les prix exacts jour par jour. On peut voir que le produit a également fait l'objet d'une forte baisse des prix entre (approximativement) le 16 février et le 24 mars.

 

 

 

Si je clique sur la petite icône "Statistic" tout en bas sous les graphes, je peux avoir les extrêmes rapidement.

 

 

Le prix le plus bas a été atteint le 16 février 2019 à 38,93 € par Amazon, et le plus haut prix le 25 mars 2019 avec 81,95 €...Certaines données ne sont accessibles qu'avec un abonnement premium payant, que je n'ai pas pris. Vous voyez donc un cadenas à la place.

 

Il est possible de placer des alertes en fonction de l'évolution (à la baisse) des prix. Pour cela, il faut cliquer sur l'onglet "Track Product" au dessus du graphique des prix et de configurer ses alertes. Dans l'exemple suivant, je positionne une alerte dès que le prix Amazon descend en dessous de 75,57 €. Et je fixe à -10% l'alerte pour un prix à neuf d'un fournisseur tiers (Amazon compris). Ne reste plus qu'à cliquer sur "Start Tracking".

 

 

Enfin, pour les acharnés, il existe un onglet "Data" qui permet de visualiser toutes sortes de données conservées par Amazon, et utilisées pour fixer les prix.

 



 

Je vous fais grâce de l'onglet "Settings" ou "Réglages" qui permet de paramétrer ses préférences, dont la langue de l'add-on que j'ai laissé en anglais et que j'ai passé en français pour la fin de ce billet.

 

2 - Les prix selon CamelCamelCamel

CamelCamelCamel (non, ce n'est pas une erreur de frappe, oui l'auteur du site devait aimer les chameaux) est plus récent que Keepa, et cela se voit un peu. Il y a même un peu trop de publicité à mon goût. La barre de recherche est en revanche directement accessible...

 

 

Là encore, il vaut mieux passer par l'extension de son navigateur, appelé The Camelizer.

 

 

Une fois l'extension installée, une petite icône apparait au bout de la barre d'adresse de votre navigateur, juste à côté de l'étoile pour marquer ses favoris.

 

 

 

Les graphes de Camelizer sont plus simples et plus lisibles grâce à l'emploi de la couleur : vert pour Amazon, bleu pour prix neuf un tiers, rouge pour une occasion. On peut aussi cocher ou décocher ces cases, ce qui permet de faire évoluer le graphe dynamiquement.

 

Ce qui est dommage, c'est qu'il faille aller chercher cette icône en haut de l'écran du navigateur, au lieu d'avoir le graphe intégré à la page d'Amazon. C'est mon plus gros regret au sujet du Camelizer.

 

Sinon, pour créer une alerte sur un prix, rien de plus simple. Dans cette même page, saisissez un prix souhaité dans la dernière colonne (il faut calculer le pourcentage vous-même malheureusement), votre adresse e-mail et cliquez sur "Créer des suivis de prix". Voilà, c'est simple comme un clic de souris.

 

Enfin, l'onglet "Produits sur cette page" vous donne les liens directs des produits connexes qu'Amazon ne manque jamais de vous afficher.

 



 

3 - Keepa ou CamelCamelCamel

Keepa est probablement l'outil le mieux intégré à Amazon, et le plus puissant. Mais pour ceux qui aiment la simplicité, CamelCamelCamel est fait pour eux. Même si Il n'affiche pas toujours les bons prix. Si vous avez bien regardé les copies d'écran de Camelizer, vous aurez sans doute remarqué qu'il affichait un prix de 74,44 € alors que le prix réel s'affiche juste à côté et est de 79,55 €. Le fait est que la mise à jour du graphique de CamelCamelCamel laisse à désirer.

 

Pour la justesse des informations et l'intégration, j'ai pour ma part choisi Keepa.

 

 

4 - Amazon et au-delà

Pour ceux qui ont une vie en dehors d'Amazon, il existe d'autres sites de suivi des prix comme Le Dénicheur par exemple.

 

 

 

 

En cherchant un produit référencé par Le Dénicheur, on peut afficher l'historique des prix, la tendance ainsi que positionner une alerte en cas de baisse des prix en dessous d'un certain seuil. Une bonne alternative pour se désintoxiquer d'Amazon...

 

 

 

 

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques sur ces outils ou sur d'autres que vous jugez intéressants.


22/04/2019
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Pourquoi je déteste Starbucks

Quand Starbucks est apparu en France, il y a quelques années (en 2004 plus précisément), j'étais plutôt curieux voire intéressé par ce nouveau type de café. Cela nous changeait un peu de notre traditionnel café du commerce. Et puis j'ai vite déchanté. Jusqu'à détester cette marque. Et je vous explique ici pourquoi. Point par point.

 

1 - Parce que Starbucks vend son café à des prix exorbitants

Je reproduis ci-dessous les tarifs 2018 des boissons des Starbucks français.

 

 

On peut constater que le simple petit café expresso serré (ristretto) est à 2 €. L'expresso coûte 1,30 € lorsqu'il est pris au comptoir d'un simple café bien de chez nous (je ne parle pas de celui du Fouquet's qui coûte 8 € mais qui est vraiment hors catégorie). Starbucks n'est donc jamais que 54 % plus cher. Ça peut paraitre beaucoup, mais on ne parle que de 70 centimes après tout. Mais allons un peu plus loin.

 

Prenons une autre référence du café, Nespresso. Le géant suisse Nestlé vend son café en capsule horriblement cher (mais il est dans des capsules en aluminium et non en vulgaire plastique) et brade ses percolateurs pour mieux vous enfermer dans son système. Il est comme Starbucks dans un positionnement dit "premium". Ils vendent cher exprès pour cibler les couches aisées de la population. Le prix d'appel des Nespresso est de 0,35 €.  Starbucks vend donc son café 471 % plus cher que Nespresso. Là, ça commence à piquer un peu.

 

Mais allons plus loin. Car Nespresso est encore trop cher. Combien coûte réellement une tasse de café ? D’après les principaux constructeurs de percolateurs (Jura, Saeco ou d’autres), il faut 7 à 8 gr de café en grain pour faire un expresso. On fait donc avec un kilo de café en grain 1000/8 = 125 tasses de café.

 

Le prix du kg de café varie de 20 € (5 € les 250 gr) à 80 €  pour les plus rares et chers, la médiane, et non la moyenne, étant plutôt à 25 € (soit plus de 6 € les 250 gr ; le Chiapas de Starbucks est à 30 € / kg par exemple). Pour information, j'achète pour ma part du café en grain du Mexique chez un petit artisan, arrivé 4ème du concours des meilleurs torréfacteurs de France en 2010, et je le paye un peu moins de 24 €. Et c'est un très bon café mexicain, comme le Chiapas.

 

Pour faire un compte rond, disons donc que je paye donc mon café 25 € le kilo (mais il y a bien moins cher en supermarché) et avec cela je fais 125 tasses. Cela fait donc un prix de 25/125 = 20 centimes la tasse. Starbucks facture donc son café 10 fois plus cher que cela ne me coûte (hors amortissement du percolateur). Mais il faut bien payer les baristas et l'entretien de la boutique me direz-vous. Et peut-être qu'à ce prix là, son café est bio et acheté selon les règles du commerce équitable ? Mais non, même pas. C'est juste du café américain vendu très cher. Et prendre les gens pour des gogos, il n'y a rien de tel pour m'énerver.

 

Mais ce qui fait marcher vraiment Starbucks, ce n'est pas l'expresso, vous vous en doutez ! Ce sont les boissons sucrées et aromatisés, comme le café au lait appelé « latte », le mocha ou les frappuccino, avec ou sans café. Surtout si vous optez pour les petits plus qu'on ne manquera pas de vous proposer - sans vous communiquer le prix -  comme le lait d'amande ou de soja, le caramel ou la crème chantilly...Et comme si cela ne suffisait pas, Starbucks en rajoute avec la taille de ses fameux gobelets.

 

Car il existe 4 tailles de gobelet : le "short" (ou petit gobelet), le "tall", qui n'est pas grand comme son nom le ferait croire mais juste normal, le "Grande" qui est effectivement grand, et le Venti, extra long. Il existe aussi un gobelet XXL, le trenta, mais qu'on ne trouve que dans les pays anglophones pour le moment.  Et à chaque fois que vous passez à la taille supérieure, vous passez à la caisse. Alors que Starbucks ne fait principalement que rajouter de l'eau chaude dans le café...

 

Bref, une belle stratégie qui marche fort : les gens achètent plutôt des"Grande" et des "Venti" que des shorts (qu'on ne trouve plus sur la carte d'ailleurs) ou des tall...Si bien que le gobelet moyen chez Starbucks est de 5 €, bien loin du petit noir que l'on consomme tranquillement au zinc du coin.

 

Pour ceux que cela intéresse, le tableau ci-dessous précise les volumes de chaque taille de gobelet.

 

États-Unis et Canada anglophone

Québec

France

Volume

Volume Boissons glacées

Short

Piccolo

Short

236ml

236 ml

Tall

Mezzo

Tall

354 ml

354 ml

Grande

Grande

Grande

473 ml

473 ml

Venti

Venti

Venti

591 ml

591 ml

Trenta

Uniquement aux Etats-Unis

916 ml

Non connu

 

 

2 - Parce que Starbucks est le (Burger) King du café

 

Avec ses boutiques très tendances, situées dans les beaux quartiers, Starbucks a su faire oublier que ses cafés ne sont que du Fast Food. C'est à dire avec beaucoup de sucre et de gras. Et malheureusement, l'être humain adore tout ce qui est gras et sucré (les hamburgers, les sodas, les glaces, etc.). Alors l'industrie alimentaire ne se gêne pas. Elle en rajoute pour être sûr de bien vendre ses produits. Et c'est comme cela que le nombre d’obèses a plus que doublé dans le monde depuis 1980, entraînant un accroissement important des maladies liées au surpoids comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Car être obèse ou en surpoids, c'est avant tout jouer avec sa santé.

 

Chez Starbucks, on a bien compris le truc. Il faut dire que McDonald's et Burger King sont passés par là avant. Alors le café et les boissons viennent tous avec leurs doses de caramel,  de crème fouettée, de glaces vanillées. Tout cela dans un grand gobelet, comme cela, on peut en mettre beaucoup plus.

 

Mais vraiment beaucoup plus. Pour référence, la canette de coca rouge de 33 cl si décriée contient 35 gr de sucre (soit 7 morceaux de sucre).  Ce qui est déjà énormissime puisqu'on a plus d'un gr de sucre par cl. Mais 35 gr, ça ne dépasse pas la quantité recommandée de sucre journalier chez l'adulte. Dans le cadre d'une alimentation équilibrée, c'est-à-dire pour un apport calorique journalier recommandé entre 1800 et 2600 calories,  on ne devrait pas dépasser les 50 gr de sucre par jour.

 

Un excellent article du Telegraph (un journal britannique) communique le top 20 des boissons les plus riches en sucre. Et Starbucks s'accapare la moitié du palmarès, dont les 2 premières places avec le Hot Mulled Fruit : le thé chaud avec du raisin, des oranges et de la cannelle, version venti de 591 ml, contient 25 cuillères à café de sucre (soit 125 gr), plus du double de la ration quotidienne recommandée. La version aux pommes signe le doublé avec 22 cuillères (110 gr). Le mocha au chocolat blanc et à la crème fouettée version Venti contient quant à lui 18 cuillères à café ! On est loin de la concentration de la cannette de coca, mais bien bien au-dessus de la ration journalière recommandée.

 

Mais après tout, ce n'est pas très étonnant quand on voit la composition des frappuccino par exemple, une boisson glacée à base de café, de lait et de glace pilée, le tout couronné de crème fouettée et de sauce au chocolat ou au caramel...

 

Mais comment diantre Starbucks a fait pour nous faire oublier qu'il n'était qu'un vendeur de fast food ? Car on retrouve pourtant ces mêmes codes américains, chers à McDo, il faut faire la queue pour être servi, énoncer sa commande et donner son prénom, attendre encore qu'on vous appelle, avant d'aller trouver une place dans le magasin, ou comme la plupart des clients de Starbucks, repartir avec son gobelet. Car la majorité des ventes se font à emporter.

 

Premier élément de réponse : Starbucks utilise un langage codé,  l'anglais mâtiné d'italien et de français (si on en est France). Car c'est bien connu, ce sont les italiens qui ont inventé le café. Expresso, Capuccino ou Machiatto, sont des termes italiens passés dans la langue française. Alors on ne commande pas un café crème mais un caffè Latte, et pour peu qu'on soit un habitué des Starbucks, passer commande se résume souvent à un truc du genre :
 

«Un Tall Latte macchiato au lait de soja, sirop caramel, s’il vous plaît »

 

Un quoi ? Ne cherchez pas à comprendre. Ces codes de langage donnent l'impression de faire partie d'un club hyper select. Et çà, c'est important quand on veut se positionner dans le premium. Ainsi, les clients de chez Starbucks n'achètent pas simplement du café mais une reconnaissance sociale. Tout comme quand vous achetez un iPhone. Vous faites parte du club des possesseurs d'iPhone. Mais ce ne sont pas les classes aisées qui ont besoin de reconnaissance sociale. Elles l'ont déjà. Non, ce sont les autres, les moins nantis mais qui rêvent de l'être qui se battent pour payer cher un café qui les empoisonne au sucre et au gras.

 

Deuxième élément de réponse : les serveurs chez Starbucks se font appeler des « baristas ». Encore un terme italien qui signifie simplement "barman". Mais qui en France désigne une personne spécialisée dans la préparation de boissons au café à base d'expresso. Le terme induit souvent une certaine maîtrise dans l'art de la préparation du café. Quand vous allez chez Starbucks, vous vous faites donc servir par un expert du café. Bon, mais tout cela n'est que du pipeau, car si vous êtes déjà allé dans un Starbucks, vous avez pu constater que tout est désormais fait par des machines, et que le débit des clients ne permet certainement pas de faire dans la dentelle et aux baristas d'exercer leurs talents.

 

Dernier élément de réponse : les magasins Starbucks sont tous implantés dans les meilleurs quartiers des grandes villes et soignent leur design. Comme le plus grand Starbucks du monde qui vient d'ouvrir à Shangai (admirez le plafond sur la photo ci-contre), ou encore comme le seul et unique Stabucks d'Italie, situé à Milan (ouverture en septembre 2018).

 

Starbucks a réussi à créer une ambiance chaleureuse grâce à des fauteuils et des canapés moelleux, des tables rondes, des meubles de bois blonds. Et ce dernier élément n'est pas pipeauté, contrairement aux deux premiers. Il faut bien reconnaître que Starbucks sait choisir ses emplacements et sait décorer ses magasins (quand l'espace le lui permet). Mais...il y a toujours un mais. Parce que, comme je vous l'ai déjà signalé, la majorité des clients emporte leur café et ne restent pas dans les boutiques. Le côté ambiance, finalement, ils n'en profitent pas beaucoup...si ce n'est en faisant la queue.

 

3 - Parce que Starbucks pratique l'optimisation fiscale à outrance

Starbucks fait comme beaucoup de multinationales et pratique une optimisation fiscale, certes légale - sinon on appellerait cela de l'évasion fiscale - mais qui n'en demeure pas moins scandaleuse. Le mécanisme reste en soi assez simple. Il consiste à faire payer de multiples redevances à ses filiales (comme Disney le fait avec ses filiales dont Dysleyland Paris par exemple, ou encore comme Apple et Amazon). Ces redevances (elles s'élèvent à 6% chez Starbucks) sont versées à la société mère du groupe, de préférence implantée là où la fiscalité sur les entreprises est bien plus intéressante (comme le Luxembourg, l'Irlande, la Suisse, ou les iles Anglo-normandes), minorant ainsi artificiellement les bénéfices faits par les filiales et donc par la même leurs impôts (qui sont normalement à hauteur de 33% en France, ce qui n'est pas négligeable).

 

Ainsi, Starbucks réalise un chiffre d'affaires de près de 95 millions d'euros et ne paye quasiment pas d'impôt en France ! Grand bien leur fasse me direz vous, dans un sursaut bien gaulois. Mais réfléchissez deux secondes. Qui a payé l'éducation et les études des salariés de Starbucks ? Vos impôts. Qui a payé la construction et l'entretien des infrastructures routières qu'utilisent toutes les semaines les camions de Starbucks pour ravitailler ses magasins ? Vos impôts. Et qui se sert de tout cela sans rien payer et en vous empoisonnant avec des cafés vendus au prix fort ? C'est Starbucks ! Encore une fois, le dindon de la farce reste le consommateur.

 

Le dindon se rebiffe parfois, comme le montre ce reportage de BFM de 2017, intitulé "Rendez l'argent". Mais rien n'y a fait. Starbuk ne paye toujours pas d'impôt depuis son implantation en France en 2004. Petite consolation, Starbucks s'est fait logiquement condamné par la commission européenne en 2015 pour avoir bénéficié d'« avantages fiscaux illégaux ».

 

 

Le montage a été mis à jour : Starbucks Manufacturing BV achetait des grains de café à une entité suisse, filiale du groupe. Elle les payaient à un prix anormalement élevés, ce qui maximisait les profits de la société suisse qui ne payait pas d'impôts. Puis Starbucks Manufacturing revendait le café torréfié aux magasins Starbucks partout en Europe. Cette société ainsi que le siège social, Starbucks Coffee BV, payaient (et payent encore) des redevances, elles aussi anormalement élevées, au titre de l’usage de la marque Starbucks (mais aussi pour rétribuer l’acheminement du café aux magasins) à une entité britannique, Alki, qui n’était qu’une boîte aux lettres et qui ne payait pas d’impôts au Royaume-Uni.

 

Sauf les états connaissent ce mécanisme de transfert entre entités d'un même groupe et ont mis en place des taxes qui permettent normalement de contrebalancer les gains réalisés par ces transferts. Oui mais Starbucks avait habilement négocié avec le fisc hollandais une belle ristourne sur ces taxes. Et ça, c'est de la concurrence déloyale. Starbucks Coffee a depuis sa condamnation en 2015 déménagé d'Amsterdam vers Londres où elle paye désormais ses impôts (elle s'est engagé à payer 20 millions de £ d'impôts en sus sur 2 ans).

 

4 - Parce que le gobelet de Starbucks est un désastre écologique

Je ne le savais pas et je l'ai découvert grâce à un reportage diffusé récemment sur Arte, « Starbucks sans filtre ». Un reportage d'Arte, qui a le gout et l'odeur des reportages d'Elise Lucet, Cash Investigation. Mais sans le côté enquête menée à charge (l'interviewé a systématiquement tord) qu'on peut reprocher à cette émission.

 

 

 

N'ayant pu interviewer d'employés de Starbucks, une journaliste s'est fait embaucher dans un café de la marque à Paris, équipée d'une caméra cachée. En infiltration pendant 2 mois, elle découvre l’envers du décor. Notamment les techniques de vente des baristas afin de faire gonfler l'addition d'un client lors de sa commande : taille de gobelet non respectée, options choisies payantes sans précision, etc. Tout ce dont je vous ai déjà parlé. Mais le reportage aborde aussi le problème des gobelets.

 

 

Ces fameux gobelets sont les plus grands ambassadeurs de la marque, qui ne passe sinon aucun spot de publicité dans les médias. Les clients promènent fièrement le logo sirène sur le gobelet qu’ils tiennent à la main et font la queue lors des événements organisés par la marque. Ainsi, pour l’inauguration de la boutique de Strasbourg, certains clients attendaient l’ouverture des portes depuis 4 heures du matin…Un peu comme lors de la sortie d'un nouvel iPhone il n'y encore pas si longtemps.

 

A tel point que le gobelet a été détourné par de nombreux artistes, contribuant ainsi un peu plus à la renommée de la marque. La photo ci-contre est un exemple des illustrations de l'artiste Soo Min Kim.

 

L'entreprise produit chaque année 4 milliards de gobelets qui ne sont absolument pas recyclables. L'entreprise l'a reconnu officiellement en 2008 : tous sont à usage unique et partent à la poubelle une fois utilisés. Le gobelet est en carton, mais une fine couche de plastique recouvre la surface à l’intérieur, le rendant impossible à recycler. Et de toutes les façons, comme vous pourrez le constater en regardant le reportage, les employés de Starbucks, sous pression, ne se donnent pas la peine de trier. Tout part allègrement à la poubelle.

 

Pour donner une idée du désastre écologique que cela représente, en sus du plastique que l'on répand dans les mers, il faut abattre « plus d’un million d’arbres chaque année pour produire ces gobelets qui partent à la poubelle. Ça en fait plus de 8 000 arbre chaque minute ».

 

5 - Parce que Starbucks ment sur sa politique de commerce équitable

Pour contrer cette mauvaise image de l'entreprise, Starbucks est passé  l'offensive en développant un contre-argumentaire. La marque présente en effet ses produits comme étant à 99% issus du commerce équitable.

 

Vu le volume de café que Starbucks achète, on a un peu de mal à le croire. Il lui faut en effet passer par des grossistes et il lui est par conséquent difficile de contrôler ses sources d'approvisionnement. Si on regarde de plus près les achats de Starbucks, et comme l'explique le reportage d'Arte, on s'aperçoit que la marque s'est simplement acheté son label "Fair Trade" en payant une ONG pour cela. La responsable de l'ONG explique que ce qui prime pour Starbucks, c'est avant tout la qualité, et que c'est pour cela qu'ils ont fait un label spécifique à Starbucks. Oui bien sûr. La petite coopérative du Chiapas au Mexique a depuis refusé de vendre son café à Starbucks, se sentant volé par l'entreprise américaine.

 

6 - Parce que Starbucks exploite ses salariés

L'entreprise communique beaucoup sur sa politique sociale. Aux états-unis, elle offre une couverture maladie pour tous ses employés (même les temps partiels), ce qui est plutôt exceptionnel pour les américains. Chez Starbucks, les employés sont des « partenaires », un titre plus valorisant et plus impliquant que celui « employé polyvalent » ou d'homme à tout faire.

 

Car, en contrepartie, Starbucks exploite à fond ses salariés : les baristas assure le service du café mais aussi le nettoyage des poubelles, des toilettes et des locaux (cela représente 1/3 de leur temps) et n'ont jamais de pause... Les employés, en sous-nombre, sont debout toute la journée, sont chronométrés aux machines et jonglent donc entre service, nettoyage, réassort des produits et la caisse. C’est le travail de 4 personnes en 1 seul, tout cela pour 1 100 € par mois. Un rythme très intense qui pousse certains à abandonner leur poste même pendant le service ! Pire, aux États-Unis, le temps de travail n'est pas garanti (et ils sont payés à l'heure), avec des plannings sans cesse modifiés et le plus souvent à la baisse.

 

Un juge de San Diego a même ordonné à la chaîne américaine de cafés Starbucks de verser plus de 100 millions de dollars à ses serveurs de l'Etat de Californie (ouest des Etats-Unis) au titre des pourboires qu'elle leur devait.

 

Autant le dire tout de suite, cette politique sociale, ce n'est que de la poudre de perlimpinpin. L'entreprise favorise avant tout ses actionnaires. En 2018, la chaîne redistribuera au total 25 milliards de dollars à ses actionnaires, sous la forme de rachats de ses propres actions. Un montant augmenté de 10 milliards par rapport à l’annonce faite le 2 novembre dernier. Elle a également décidé d’augmenter le dividende trimestriel de 20 %.

 

Et tout n'est pas si rose

Si Starbucks continue sa croissance à 2 chiffres en Asie, elle a aussi prévu 150 fermetures dans les 12 prochains mois. La chaîne de cafés est en effet prise en étau entre les cafés haut de gamme et les chaînes de restauration rapide comme McDonald’s et son offre McCafé, qui ont étoffé leur offre de petit-déjeuner et de boissons chaudes.

 

En 2017, Howard Schultz (l'homme qui a créé le Starbucks d'aujourd'hui) a mis en garde dans un mémorandum l'équipe dirigeante de Starbucks contre la « banalisation » de la marque, remettant en question certaines stratégies de la dernière décennie. Le président déplore notamment l'adoption massive de machines à expresso automatiques dans plusieurs milliers de ses enseignes, ne permettant plus aux clients d'observer la production de la boisson, l'aménagement des magasins qui tendent à se ressembler et le fait que certaines enseignes ne moulent plus leur café.

 

Proche du parti démocrate, Howard Schultz a abandonné ses fonctions de président exécutif du conseil d'administration le 26 juin 2018. Son départ est de nature à relancer les spéculations sur ses ambitions présidentielles. Ambitions qu'il n'a ni confirmés ni démenties.

 

Allez, vous prendrez bien encore un petit crème au caramel pour la route ?

 

 

 


16/09/2018
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Charlie 3 ans après

Graffitis sur les murs parisiens après l’attentat de Charlie Hebdo (JOEL SAGET / AFP)

 

Le collectif "Toujours Charlie" organise un rassemblement et des débats ce samedi 6 janvier aux Folies Bergères, à Paris. Et selon un sondage Ifop, les Français se sentent de moins en moins "Charlie". Trois ans après l'attentat qui a frappé le journal satirique, seuls 61% Français sur dix se sentent toujours solidaires de l'hebdomadaire.

 

61%, c'est encore beaucoup. Il ne faut pas voir le verre à moitié vide mais plutôt à moitié plein. Mais en regardant de plus près, Ils étaient 71% à se sentir "Charlie" en janvier 2017 et ils ne sont plus que 61% aujourd'hui.

 

Les français commencent à oublier les attentats de 2015, ou en tout cas, ils sont moins marqués par ces derniers. Ce qui est normal et plutôt positif.

 

Ce qui est moins normal, c'est la liberté d'expression, pour laquelle Charlie Hebdo se bat aussi, qui régresse. La preuve ?

 

  • L'humoriste Tex est viré de France 2 après sa blague sur les femmes battues. Certes une mauvaise blague, mais Cyril Hanouna en a fait des pires.

  • La blackface d'Antoine Griezmann, jugée raciste, alors qu'il ne fait qu'imiter les Harlem Globe Trotters. Certes, nul n’ignore que le fait de se grimer en noir renvoie à une vision péjorative et humiliante des personnes noires ». OK. Mais je ne vois rien de péjoratif ici. Etre basketteur, ce n'est pas péjoratif. Et aujourd'hui, la NBA compte 77% de joueurs noirs...

  • Les réseaux sociaux, Facebook en tête, ont renforcé son contrôle et interdisent, de manière assez arbitraire, les propos et les images qui leur paraissent de nature à heurter ou « violer les droits » d’un groupe. Prétendre combattre les inégalités et l’oppression en bannissant certains discours ou images n'aboutit en fait qu'à son contraire, malheureusement.

 

Espérons que cette phase du ultra-politiquement correct ne durera pas trop longtemps.

 


06/01/2018
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Ces photos qui ont marqué l'histoire et inversement : 2010 - 2012

2010

le 4 janvier 2010 :  Inauguration et ouverture partielle de Burj Khalifa, la plus grande tour du monde jamais construite par l'homme. Elle culmine à 828 mètres.

 

 

 

Le 12 janvier 2010 : un tremblement de terre fait plus de 230 000 morts en Haïti. Un an après, la pays se souviendra.

 

 

 

Le 28 février 2010 : Dans la nuit du 27 au 28 février, la tempête Xinthia fait cinquante et un morts en France.

 

 

 

13 mars 2010 : Jean Ferrat (de son vrai nom Jean Tenenbaum) s'en va rejoindre sa montage pour toujours.

 

 

 

14 avril 2010 : En Islande, l'éruption du volcan Eyjafjoll soulève un immense nuage de cendres et d'eau, entrainant la fermeture successive de la plupart des aéroports de l'Europe du Nord et de l'Ouest. 

 



 

20 avril 2010 : Les Etats-Unis vivent une des plus grandes catastrophes écologiques de leur histoire avec l'explosion d'une plate-forme pétrolière dans le Golf du Mexique, Deepwater Horizon, louée par la compagnie pétrolière BP. Cette dernière paiera 20,8 milliards de dollars d'amende...

 

 

 

11 mai 2010 :  Suite à la démission de Gordon Brown, David Cameron est nommé premier ministre du Royaume-Uni par sa très gracieuse majesté la reine Elisabeth II. 

 

 

 

11 juillet 2010 : La finale de la dix-neuvième coupe du monde de football à lieu à Joannesburg, en Afrique du Sud. Elle oppose l'Espagne aux Pays-bas. L'équipe espagnole remporte la coupe par un but à zéro. La France est éliminée au premier tour, battue successivement le 17 juin par le Mexique et le 22 juin par l'Afrique du Sud. Et fera même la grève de l'entrainement en refusant de descende du bus.

 



17 juillet 2010 : L'acteur français Bernard Giraudeau meurt d'un cancer qui le rongeait depuis 10 ans. Avant lui, l'acteur réalisateur américain Dennis Hopper avait cassé sa pipe le 29 mai. Suivront l'acteur français Bruno Cremer (le 7 août 2010) et le réalisateur français Claude Chabrol (le 12 septembre 2010)

 

 

 

29 septembre 2010 : L'acteur américain Tony Curtis décède à Las Vegas

 

 

 

15 octobre 2010 : Le tunnel de base du Saint Gothard est percé, après 15 ans de travaux. Ce tunnel ferroviaire bi-tube mesure 57,1 km de long (ce qui fait de lui le plus long tunnel du monde) passe sous le massif du Saint-Gothard, en Suisse (il est ainsi le tunnel le plus enfoui au monde puisque sa couverture de roche atteint 2 300 mètres de hauteur).  Il relie les cantons d’Uri à Erstfeld et du Tessin à Bodio. Sa mise en service prévue pour décembre 2016.

 

 

 

Le 17 décembre 2010 : Mohamed Bouazizi, petit vendeur à la sauvette, s'immole par le feu en plein centre de Sidi Bouzid, en Tunisie. Ce tragique fait-divers marque le début de la révolte en Tunisie, puis dans une grande partie des pays du Maghreb et du Proche Orient.Ce qu'on appellera par la suite le printemps arabe. Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali quittera la Tunisie le 14 janvier 2011pour se réfugier en Arabie Saoudite.

 

 


2011

Le 1er janvier 2011 : Dilma Roussef devient la première femme présidente de la république fédérative du Brésil. Elle sera destituée le 17 mars 2016.

 

 

 

25 janvier 2011 : début des manifestations contre le pouvoir en Egypte, qui rassemblent quinze mille personnes au Caire, sur la place Tahrir notamment. Hosni Moubarak démissionne le 11 février 2011. En Lybie, la journée de la colère du 17 février marque le début des manifestations contre Mouammar Kadhafi.

 


Photo Amr Dalsh / Reuters

 

 

11 mars 2011 : Au Japon, un séisme d'une magnitude de 8,9 sur l'échelle de Richter provoque un gigantesque Tsunami sur les côtes de la ville de Sendai.

 

 

 

Le 15 mars 2011 : quatre des six réacteurs de la centrale de Fukushima sont endommagés. Les ingénieurs japonais avaient bien prévu les séismes, mais pas le tsunami. On estimera à prés de 20 000 le nombre de victimes.

 

 

 

23 mars 2011 : L'actrice américaine Elisabeth Taylor décède à Los Angeles. Elle a été précédé par la comédienne française Annie Girardot, le 28 février, et sera copiée par l'actrice, réalisatrice et scénariste française Marie-France Pisier, le 24 avril 2011.

 

 

 

29 avril 2011 : Le prince William, fils de la princess Diana et petit-fils de la reine d'Angleterre Elizabeth II, épouse Catherine Middleton en grande pompe. Moi j'aurais été dans mes petits souliers (humour maitre Capello).

 

 

 

2 mai 2011 :  mort du chef du réseau terroriste Al-Qaida Oussama Ben Laden, tué lors d'un assaut des forces spéciales américaines, au Pakistan, dans la nuit du 1er au 2 mai.




 

 

14 mai 2011 : Dominique Strauss-Kahn est arrêté et accusé du viol de Naffissatou Dialo, femme de chambre de l'hôtel Sofitel de New-York. 

 

 

 

Le 2 juillet 2011 : Le prince Albert II de Monaco épouse Charlène Wittstock. Décidément, 2011 est l'année des mariages princiers...

 



 

23 juillet 2011 : La chanteuse britannique Amy Winehouse rejoint le club des 27 : Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morisson, Kurt Kobain...

 

 

 

Le 5 octobre 2011 : Mort du fondateur et PDG d'Apple, Steve Jobs

 

 

 

Le 5 octobre 2011 : La vie en Corée du Nord

 

Photo par Damir Sagolj - Reuters

 

 

20 octobre 2011 : Mort (violente) du capitaine Mouammar Kadhafi, autoproclamé colonel après le coup d'état du 1er Septembre 1969.

 

 

 

23 octobre 2011 : Jean Amadou, journaliste et humoriste français, tire sa révérence. Suivi de près par l'acteur réalisateur scénariste et comédien Robert Lamoureux, le 29 octobre.

 

 

 

13 novembre 2011 : Succédant à Silvio Berlusconi (enfin !), Mario Monti est nommé chef du gouvernement d'Italie.

 

 

 


2012

13 janvier 2012 : l'année commence mal avec le naufrage du paquebot de croisière Costa Concordia, prés des côtes de l'Italie. Le bilan est de plus de trente morts, sur les 4229 passagers que comportait le bateau. 

 

 

 

26 février 2012 : Jean Dujardin est le premier acteur de cinéma français à remporter l'Oscar du meilleur acteur, pour son rôle dans "The Artist". Ca vaut bien 2 photos...

 


 

 

Le 4 mars 2012 : Vladimir Poutine est élu président de la république de Russie pour la 2ème fois...On commence à se demander s'il n'y a pas mammouth sous le lampadaire quand même...

 

 

 

22 mars 2012 : Mohamed Merah est abattu par le RAID. Il aura tué 3 militaires plus 4 autres personnes, dont 3 enfants juifs.

 

 

 

 

Le 5 avril 2012 : Décès du réalisateur de cinéma français Claude Miller. La petite Voleuse, L'effrontée, Garde à vue, c'était lui.

 

 

 

Le 6 mai 2012 : Deuxième tour des élections présidentielles en France; François Hollande est élu président de la république avec 51,62 % des voix, et succède ainsi à Nicolas Sarkozy.

 

 

1er juillet 2012  : l'Espagne devient championne d'Europe De football, face à l'Italie, avec un score sans appel de 4-0. Après leur victoire en coupe d'Europe 2008 et celle de la coupe du monde 2010, l'Espagne domine le monde du football pendant presque une décennie.

 

 

 

Le 4 juillet 2012 : Découverte - ou pas - du fameux Boson de Higgs. La communauté scientifique est partagée.

 

 

 

 Le 6 août 2012 : la sonde Curiosity se pose sur Mars, à la recherche de la vie.

 

 

11 août 2012 : L'athlète jamaïcain Usain Bolt entre dans la légende en tant que sportif le plus titré des Jeux Olympiques en sprint, avec 6 médailles d'or, dont 4 médailles individuelles, aux Jeux olympiques de Pékin en 2008 et de Londres en 2012 : 2 médailles au 100 mètres, 2 médailles au 200 mètres et 2 médailles au 4 fois 100 mètres. Après les JO de Rio 2016, et un nouveau triplé olympique, Il en est désormais à neuf médailles d'or. Il est aussi le premier athlète à détenir simultanément les records du monde du 100 m, 200 m et 4 × 100 m. Il est par ailleurs le seul athlète à avoir conservé un titre de vitesse sur trois olympiades consécutives et le seul athlète à avoir battu trois records du monde lors d'une même olympiade. Autant dire que cela sera très dur pour son successeur.

 

 

 

 

25 août 2012 : Décès de l'astronaute américain Neil Armstrong, qui fut le premier homme à fouler le sol de la lune, le 21 juillet 1969.

 

 

 

Le 6 novembre 2012 : Le démocrate américain Barack Obama est réélu président des Etats-unis face au républicain Mitt Romney. Yes, we still can !

 

 

 21 décembre 2012 (ou encore 21 12 12) : Le 21 décembre 2012 est la 183ème fois qu'on nous prédit la fin du monde depuis l'antiquité. On en a même fait un film catastrophe, intitulé "2012". Evidemment, la fin du monde va bien finir par arriver. Mais ce n'est pas pour tout de suite.

 

 

 

 

 


11/12/2016
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Black Friday et Cyber Monday

 

Le Black Friday et le Cyber Monday sont deux jours qui encadrent le thanksgiving, fête typiquement américaine. On donc donc comprendre que ces événements soient nés et aient une certaine signification pour nos amis américains. Ce qu'il est plus difficile de comprendre à première vue, c'est pourquoi ils en ont maintenant chez nous. Mais à y regarder de plus près, ce n'est pas si étonnant que cela. Mais qu'est-ce donc que ces journées, et qu'ont-elles de si spéciales ?


Le Thanksgiving et Le Black Friday

Le Black Friday (en bon français, en français le « Vendredi noir ») désigne le vendredi , quand furent exécutés quatre des huit militants de gauche (socialistes et anarchistes) arrêtés après l'explosion d'une bombe lors du rassemblement politique de Haymarket Square, le 4 mai 1886 à Chicago, point culminant de la lutte pour la journée de huit heures aux États-Unis. L'événement connut une intense réaction internationale et fit l'objet de manifestation dans la plupart des capitales européennes. George Bernard Shaw déclara à cette occasion : « Si le monde doit absolument pendre huit de ses habitants, il serait bon qu'il s'agisse des huit juges de la Cour suprême ».

 

Mais quel rapport avec le "Thanksgiving et le Black Friday" d'aujourdhui ? Et bien aucun, si ce n'est le nom. Le "Black Friday" désigne en effet de nos jours bien mercantiles le lendemain du repas de Thanksgiving. Historiquement, Thanksgiving était un jour de fête chrétienne durant lequel on remerciait Dieu par des réjouissances et par des prières pour les bonheurs que l’on avait pu recevoir pendant l’année. Il s'agit d'une attitude de reconnaissance envers Dieu, une « Action de grâce », qui se traduit donc en anglais par Thanksgiving.

 

Les origines de cette tradition remonteraient aux pèlerins fondateurs de la colonie de Plymouth, une ville britannique située dans le comté de Devon. Les premiers pèlerins européens, venant d’Angleterre pour la plupart, arrivèrent à bord du Mayflower le 11 décembre 1620 après un long et difficile voyage. Le premier hiver qui suivit fut dévastateur et plus de la moitié des pèlerins succombèrent au froid et au manque de nourriture. Quand le printemps réapparût en 1621, les colons survivants durent trouver un moyen de faire des réserves pour l’hiver suivant. Heureusement pour les colons, les Indiens Iroquois se décidèrent à aider la colonie. Samoset et Squanto, tous les deux membres de la tribu des Patuxets, décidèrent d'apprendre aux colons à maîtriser leurs terres. Ils leur apprirent à reconnaître les bonnes plantes des mauvaises, à chasser, à pêcher et à cultiver le maïs. La récolte de l’automne 1621 fût ainsi  exceptionnelle et donna aux pèlerins de quoi faire des réserves pour tout l’hiver. Le gouverneur de la colonie, William Bradford, déclara un jour de remerciements et d’action de grâce et en cet honneur les pèlerins partagèrent leur premier repas après l’hiver meurtrier de 1621 avec leurs voisins indiens en témoignage de leur gratitude. Les indiens apportèrent du gibier et de la dinde pour l’occasion.

 
C'est en 1863 que Thanksgiving fût instauré fête nationale par Abraham Lincoln. Il fixa également la fête de Thanksgiving au quatrième jeudi du mois de novembre. Aujourd’hui,  Thanksgiving est devenue une tradition familiale importante et respectée aux États-Unis, et la deuxième plus grande fête après la fête nationale du 4 juillet. Des millions d'américains prennent alors leur voiture pour rejoindre leur famille et partager le repas de Thanksgiving.

 Bouchons dans Los Angeles à l'occasion du Thanksgiving

 

Le repas de l’Action de grâce est traditionnellement composé d’une dinde farcie servie avec la purée de patates douces, une sauce aux airelles et d’une tarte à la citrouille (appelé également « pumpkin pie »), en dessert. Souvenez-vous : La dinde faisait partie du repas des Amérindiens lors de la première fête de Thanksgiving. Et la citrouille était le légume qui sauva les pèlerins pendant le premier hiver difficile. Ce qui fait que la dinde et la citrouille sont des aliments incontournables d'un repas traditionnel du Thanksgiving.

 

Ce sont 46 millions de ces gallinacées qui finissent au four aux Etats-Unis pour Thanksgiving. D’après la Fédération Nationale des Dindes (n'y voyez aucun humour, il s'agit de la très sérieuse National Turkey Federation), un Américain moyen consomme 1,36 kg de dinde au cours du repas (auxquels il faut ajouter les à-côtés comme la purée de patates et le dessert). Une dinde faisant en moyenne 13,8 kg (oui oui, le double du poids moyen d'une dinde de 1960 nourrie entièrement aux grains), cela fait donc 1 dinde pour environ 10 personnes. 45 millions de dindes correspondent donc à 45*10 soit 450 millions d'américains mangeant de la dinde. Les états-Unis comptant presque 325 millions d'habitants (324 755 050 habitants en 2016 d'après PopulationData.net), cela représente donc 138 % de la population ! Il y a des américains qui doivent donc en manger plus d'une pendant ce long week-end de Thanksgiving : une chez les parents, et une autre chez les beaux-parents pour ne pas faire de jaloux sans doute.

 

On peut rapprocher ce chiffre énorme des 2,47 millions de dindes qui finissent rôties à Noël en France, pays qui compte à ce jour près de 67 millions d'habitants (66 627 602 précisément, toujours d'après PopulationData.net).

 

Comme le veut la tradition américaine, une dinde échappe officiellement à l'assiette de Thanksgiving, graciée par le président, dans la roseraie de la Maison Blanche. Cette drôle de coutume remonte à la fin des années 80. Le président Kennedy fut le premier à gracier l'une de ces volailles. Mais la tradition s'est modernisée. Depuis deux ans, l'administration américaine propose aux citoyens de voter sur les réseaux sociaux entre deux dindes pour leur gallinacé préférée , la gagnante étant officiellement graciée lors d'une cérémonie publique un peu loufoque pendant laquelle le président fait des blagues et soigne sa communication. En réalité, les dindes jouent à l'école des fans car elles sont toutes les deux épargnées (sauf quand le président a un petit creux, ce qui est arrivé deux fois déjà parait-il).

 

L'origine du Black Friday

La fête de Thanksgiving ayant lieu le jeudi soir, le jour qui suit est un vendredi (jusque là, je pense que vous suivez). À partir de minuit, la tradition veut que l'on dépense toutes les calories prises lors de ce repas pantagruélique qu'est le Thanksgiving. Et comme la logique de l'américain moyen est imparable, la tradition veut aussi que l'on dépense ses économies, histoire de s'alléger un peu plus encore. Les commerçants organise donc à cette occasion de grandes soldes, histoire d'attirer le chaland, et c'est ce qu'on appelle donc le Black Friday. Voilà, vous comprenez maintenant pourquoi je vous ai raconté l'histoire du Thanksgiving par le menu (oui je sais elle est facile). Sans Thanksgiving, pas de massacre de dindes (45 millions quand même soit le nombre de civils tués pendant la seconde guerre mondiale ). Sans génocide de dindes (l'équivalent d'une guerre mondiale tous les ans, vous appelez çà comment ?), pas de dépense de calorie en trop ni de dépenses dans les magasins. Pas de dépenses, pas de soldes, pas de soldes, pas de Black Friday.

 

Mais au fait, d'où vient ce terme de Black Friday, plutôt sinistre à l'origine puisque désignant l'exécution de 8 dindes, pardon, militants de gauche ?

 

Une légende urbaine raconte que le trafic routier était si important, notamment à Philadelphie, berceau des USA, que les roues des véhicules laissaient de nombreuses marques noires sur les routes. Avec beaucoup de monde dans les rues, les trottoirs étaient aussi noirs de monde. On parlait ainsi de « vendredi noir ». Oui, bon, c'est une légende, et elle est un peu tirée par les cheveux je trouve. Mais il est effectivement admis que le terme de Black Friday a été utilisé pour la première fois dans les années 1960 pour désigner l'achalandage piétonnier et automobile lors de ce vendredi qui marque le début des emplettes de Noël.

 

Une autre légende urbaine invoque une ancienne méthode de faire ses comptes dans le commerce. La comptabilité était tenue à la main, les pertes étaient enregistrées à l’encre rouge et les profits à l’encre noire (on dit toujours d'ailleurs de ses comptes qu'ils sont dans le rouge quand ils sont négatifs). De nombreuses entreprises, en particulier les petits commerçant, commençaient à faire des profits avant Noël. Notamment au lendemain de Thanksgiving. Les achats du lendemain de Thanksgiving permettaient donc de sortir les comptes « du rouge », faisant passer les comptes en positif, ce qui permettait de les écrire à l'encre noire, d'où le terme de vendredi noir.

 

Quoiqu'il en soit, le Black Friday est donc un événement tout aussi important que le Thanksgiving pour les commerçants américains. C'est d'ailleurs jour férié dans certains états. Mais qui n'a aucune signification particulière pour nous européens, puisque nous nous gavons de dinde exclusivement à Noël et en aucun cas le dernier jeudi de novembre. Mais la mondialisation et Internet sont passés par là. Importé en France en 2012 par Apple, repris en 2013 par Amazon et suivi par d'autres enseignes comme Rue du Commerce, Le Black Friday sera rapidement copié dès 2014 (oui, ce n'est pas si vieux) par Auchan, la Fnac, Darty, La Redoute, CDiscount, PriceMinister, ...

 

Le Black Friday français se passe donc principalement sur Internet. Et dure d'ailleurs toute la semaine qui précède le vendredi. Histoire de faire durer le plaisir. Alors qu'aux Etats-Unis, le Black Friday se passe dans les magasins, les vrais, ceux dans lesquelles on peut essayer les habits, les chaussures, feuilleter les livres, chiner parmi les objets, comparer les couleurs des écrans plats dernier cri...Car la journée des achats sur Internet, c'est le lundi qui suit le week-end du Thanksgiving, c'est le Cyber Monday !

 

Le Cyber Monday

 

Résumons-nous : le Black Friday, c'est journée de solde monstre dans les boutiques traditionnelles (brick and mortar comme disent les américains) tandis que le Cyber Monday, c'est jour de solde dans les boutiques en ligne. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, le Cyber Monday n'est  pas la journée des produits high-tech, c'est plutôt le Black Friday qui permet de profiter de soldes monstres sur ces produits. Par contre, si vous recherchez un ustensile de cuisine c'est pendant le Cyber Monday qu'il faut acheter !

 

Mais comme nous avons importé cette tradition en dehors de tout son contexte historique, en France le Black Friday ou le Cyber Monday, c'est un peu la même chose...On y perdrait presque notre latin. Mais pourquoi diantre organiser un lundi de solde juste après une pleine semaine de solde ? Et bien encore une fois, tout est affaire de tradition.

 

A l’origine, le Cyber Monday est un terme créé par le site shop.org qui reprend en 2005 les résultats d’une étude selon laquelle 77% des marques vendant sur internet verraient une augmentation substantielle de leur trafic le lundi suivant Thanksgiving. L’étude attribue alors cette tendance au fait que les consommateurs déçus du Black Friday se tournaient vers les boutiques en ligne pour acheter les produits qu’ils n’avaient pas trouvé ou qu’ils n’avaient pas pu ramener chez eux. Pour ce faire, ils attendaient de retourner au travail pour bénéficier de la connexion internet de qualité qu’ils avaient à leurs bureaux.

 

Mais en 2005, ce n'est encore qu'un simple terme marketing ; c'est loin d'être le jour le plus important de l’année pour le commerce en ligne. Il faut attendre 2010 pour que le Cyber Monday devienne le jour le plus important en termes de trafic et de ventes sur internet. Depuis cette année, la tradition s’est bien ancrée dans les habitudes des consommateurs américains et les marques n’hésitent pas à tout faire pour pérenniser cette pratique quitte à proposer des réductions importantes sur internet. Comme le montre la figure ci-dessus, le cyber monday dépasse désormais de loin les journées du Tranksgiving et du Black Friday, la différence allant en s'accentuant chaque année. Il faut dire que l'on achète de plus en plus en ligne et de moins en moins dans les boutiques.

 


Cette tradition du Cyber Monday, intimement liée au Black Friday, lui-même intiment lié au Thankgivings, est donc parfaitement compréhensible aux Etats-Unis (et dans tous les pays fêtant Thanksgiving d'ailleurs, comme le Canada). En France néanmoins, il n'y a pas de raison particulière, si ce n'est les courses de Noël et les potentielles bonnes affaires à faire, pour que ce lundi soit particulièrement bénéfique au commerce en ligne. Black Friday et Cyber Monday, c'est un peu le même événement, principalement organisé par les mêmes marques, qui sont dans tous les cas des e-commerçants et la différence de produits (high-tech vs autres produits) n’est pas aussi significativement marquée.

 

En 2016, les occasions de faire des économies, que ce soit en ligne ou en magasin, en amont de Noël, ont séduit les Français qui ont largement profité de ce week-end pour anticiper les cadeaux, notamment dans le secteur de la mode et des jouets. Mais on ne peut pas dire que le secteur du High-Tech ait vraiment sur-performé...Amazon affirme ainsi que « Black Friday 2016 a été le jour le plus intense de toute l’histoire d’Amazon.fr, avec environ 1,4 million d’unités commandées, à une cadence moyenne de 970 unités par minute » (contre seulement 1 millions d’unités vendues en 2015). Les vendeurs proposant leurs produits sur Amazon Marketplace lors du Black Friday n’ont pas non plus regretté leur engagement puisqu’ils auraient « enregistré trois fois plus de commandes que lors de l’édition 2015 » (toujours selon Amazon).

 

Maintenant que vous savez tout de ce phénomène et du pourquoi et du comment, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon shopping !

 



06/12/2016
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