La boîte à idées - Le blog de Jean Chambard

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L'air et la Chanson


Alice on the roof

 

J'écris rarement des critiques musicales je l'avoue ; ce n'est pas mon métier et il y a des gens qui font cela très bien. Néanmoins, il m'arrive de temps à autres de parler de quelques chanteurs ou musiciens peu connus mais que j'apprécie. Pas pour leur donner un coup de pouce, non, je ne suis pas un blogueur assez influent pour cela, mais juste parce que peu de monde ici en France écrit sur eux. Aujourd'hui donc, je vous parle d'Alice on the roof.

 

Made in Belgium

Alice On the Roof, de son vrai nom Alice Dutoit (jeu de mot maître Capelo), est un jeune artiste d'origine belge, née le 23 janvier 1995 à Soignies. Découverte dans le télécrochet The Voice édition 2014 version belge, la jeune montoise Alice Dutoit, éliminée du jeu en demi-finale, a néanmoins inondé les ondes radios en 2015 avec son titre « Easy come, easy go ». Moins d'un an après, en janvier 2016, elle sort un album, intitulé "Higher". On y retrouve bien sûr son tube « Easy come, easy go », ou « Like a dying rose » mais aussi de belles chansons entrainantes comme « Lucky You » ou plus intimistes comme « On the Roof ».

 

 

Née d'une maman architecte et d'un papa ingénieur électricien, Alice était manifestement destinée à être artiste et chanteuse, tout comme Guillaume et Julie Depardieu étaient destinés à être acteur et actrice.  Je plaisante bien sûr. Il parait que toute petite, elle baignait dans un environnement musical. C'est elle-même qui le dit dans ses interviews : "Mon père invente des instruments et ma mère chante tout le temps... Mes parents m'ont inscrite à l'âge de six ans à l'académie, section "piano" et à la chorale.

 

De la génération Y, Alice a fait son éducation musicale sur Internet naturellement. Mais elle puise aussi son inspiration dans son séjour en Orégon, au pays des mormons,  et dans son passage dans The Voice. Higher est ainsi un bel album électro-pop, épicé juste comme il le faut par Tim Bran, producteur anglais dans le vent,  surtout connu pour ses collaborations avec London Grammar ou La Roux, duo anglais d'électro-pop influencé par les groupes des années 1980 comme Depeche Mode, Yazoo, Tears for Fears, The Human League. Je le précise car on ne peut pas dire que ce duo soit très connu.

 

Chanteuse et pianiste, Alice Dutoit signe les textes et les musiques de son premier album en collaboration avec Marc Pinilla et Dada Ravalison, les deux compères échappés pour un temps du groupe belge d'origine italo-espagnol « Suarez » (ben oui, c'est un peu cela l'Europe aussi). Elle y ajoute fraîcheur, spontanéité et fragilité, soit finalement beaucoup de féminité. Cette collaboration est loin d'être un hasard de la vie, puisque Marc Pinilla était le coach d'Alice Dutoit lors de l'édition 2014 de The Voice.

 

Cet album n'est sans doute pas une révolution dans le  monde de l'électro pop, comme Christine and the Queen a pu l'être avec "Chaleur humaine", et est moins connu que The Avener ou Daft Punk, mais "Higher" séduit par sa douce mélancolie et ses refrains accrocheurs. Il suffit d'écouter "Race in the shadows" ou "Let me down" pour s'en convaincre.

 

En concert

Alice adéjà fait ses classes dans de nombreux festivals d'été belges comme « Les Nuits Botanique » (cela s'écrit sans s, ce n'est pas une faute d'orthographe mais une marque) ou français comme nos fameuses Francofolies. Alice on the roof sera en concert au festival "Les indisciplinés" de Lorient le 11 novembre, et à Saint-Lô le 12.

 


01/11/2016
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Steppin' Out Into the Night


Après 4 ans d'absence - il était à Paris en novembre 2012 pour la sortie de son album « The Duke » composé de reprises en hommage à Duke Ellington - revoici Joe Jackson sur la scène de l'Olympia, pour son nouvel et 18eme album, "Fast Forward". Il entame sa tournée française par Paris, le 18 février, puis sera au Théâtre Sébastopol de Lille le 23 février, au Transbordeur de Lyon (Villeurbanne) le 29 février et au Silo de Marseille le 10 mars. Sa tournée européenne a débuté le 5 février 2016 à Dublin en Irlande et se terminera le 16 mars 2016 à Berlin en Allemagne.

 

Et nous y étions, Pascale et moi, pour ce spectacle unique à L'Olympia. « Revival or not revival », telle est la question. Et bien voici la réponse...


Fast Rewind

Cela faisait sept ans que l'artiste anglais n'avait pas commis d'album avec des titres "originaux", depuis "rain" sorti en 2008 ; les quatre autres derniers disques édités entre 2009 et 2012 étaient des live ou des sessions radio (2009 : Live at the BBC, 2011 : Live Music, 2011 : Live in Germany 1980, 2012 : Live at Rockpalast). Pour ma part, j'avais abandonné l'artiste après l'album "Blaze of Glory" en 1989, après l'avoir suivi et adoré dans sa période punk puis pop, avec "Look Sharp (1979), I'm the Man (même année), Night and Day (1982), Big World (1986, enregistré en live stéréo), pour ne citer que les albums que je préfère.

 

Alors quand mon épouse m'a proposé d'aller voir Joe Jackson en concert, cela m'a ramené quelques 36 ans (houlala le temps passe vite) en arrière, en 1980. Pour moi, il a fallu faire un fast rewind dans le temps. Je ne me souvenais pratiquement plus de ses chansons et je n'avais même pas écouté son dernier album. Mais il était parait-il de la veine de ses premiers albums, alors pourquoi pas...

 

Hey Joe, where do you go ? Fast Forward (of course)

L'album "Fast Forward" est composé de 16 titres : quatre titres enregistrés à New York, quatre autres à Amsterdam, puis quatre à Berlin, avant de conclure à la Nouvelle Orléans. Joe Jackson a donc joué le globe-trotter pour enregistrer son nouvel opus, avec des ambiances et des musiciens différents pour chaque session. Car ce nouvel album est en réalité l'addition de quatre EPs : le projet initial prévoyait en effet de les sortir séparément. Et pourtant, l'album ressemble à un bon vieux Joe Jackson des débuts. Car l'artiste a visiblement retrouvé la recette de sa potion magique et "Fast Forward" contient de magnifiques pépites qui n'auraient pas dépareillé dans ses albums cultes "Night and Day", "Body and Soul" et "Look Sharp". Joe renoue en effet une musique pop inspirée de la new wave et pour partie de la musique punk, comme à l'époque où on le comparait volontiers à Elvis Costello.



Si l'on en croit son site officiel, l'album a ainsi été enregistré en 4 sessions :

  • SESSION 1 : NEW-YORK. New York, c'est un peu la maison de Joe Jackson. Il a enregistré ces quatre morceaux avec Bill Frisell à la guitare, Brian Blade à la batterie, son équipier et bassiste de toujours Graham Maby et la star du jazz, la violonniste Regina Carter. Avec trois titres originaux y compris la chanson qui donne son titre à l'album, Fast Forward, et une reprise de Television, "See No Evil", Joe Jackson signe un excellent retour.

  • SESSION 2 : AMSTERDAM. Cette session est la plus riche en terme d'instrumentation des quatre sessions. Joe Jackson est rejoint sur ces chansons par ses camarades Stefan Kruger et Stefan Schmid de la bande Zuco 103, l'orchestre du Concertgebouw, et le jeune Mitchell Sink, agée de 14 ans (de la  comédie musicale de Broadway "Matilda.") qui pose sa voix cristaline sur le beau "Far away".

  • SESSION 3: BERLIN. Berlin est la deuxième maison de Jackson, après New-York. Et il a enregistré ici avec deux musiciens américains expatriés :  Greg Cohen, bassiste qui a notamment collaboré avec Tom Waits, Ornette Coleman, Bob Dylan, et le batteur Earl Harvin. Cette session est marquée par la reprise d'une chanson allemande de"Kabarett" de 1930, "Good Bye Jonny".

  • SESSION 4: NEW ORLEANS. C'est l'un des villes préférées de Joe Jackson. Il y a  enregistré ses 4 dernières chanson avec un casting "all-local", dont trois membres du groupe de funk Galactic - le batteur Stanton Moore, le bassiste Robert Mercurio et le guitariste Jeff Raines - et une section de cuivres dirigé par le saxophoniste Donald Harrison.

 

 Et en concert, qu'est-ce que cela donne ?

 

Still looking sharp

A 61 ans, Joe Jackson a toujours une pêche d'enfer. Il démarre en solo, seul avec son piano électrique. Comme il le dit lui-même, il assure la première partie de son spectacle, avant que son groupe de musiciens ne le rejoignent : le fidèle Graham Maby (basse), Doug Yowell à la batterie, et Teddy Kumpel à la guitare.

 

Le show démarre donc avec un Joe Jackson seul sur scène, interprétant tout d'abord "It's different for Girls", tiré de son album "I'm the man", puis "Home Town" de l'album "Big World". Puis il enchaine avec des morceaux plus actuels. Son concert est donc un savant mélange de tubes d'hier et de titres d'aujourd'hui, issus de son album "Fast Forward". Il y chante aussi de belles reprises, dont une de David Bowie, un curieux hasard de son répertoire plutôt qu'un hommage, mais qui tombe plutôt bien.

 

Outre Fast Forward, See No Evil, Good Bye Jonny, The Blue Time, Keep On Dreaming, et j'en oublie plein, car je ne connaissais pas l'album avant ce concert, Joe interprète l'inévitable "Steppin' Out", ainsi que "Another World", "A Slow Song" et une très belle adaptation live de "Real Men" qui permet à Teddy Kumpel de faire pleurer sa guitare et à Doug Yowell de frapper fort, si bien que je préfère nettement cette version à celle de  Night and Day. On pourra aussi citer "Sunday Papers" et "Is she Really going Out with Him" (de Look Sharp !), "You can't get what you want" et "Be my Number two" (de Body and Soul), et d'autres que j'ai oubliées déjà.

 

En tout, 1h30 d'un très beau spectacle, avec d'excellents musiciens, et un Joe Jackson qui se donne à fond. Évidemment, il est trop tard pour courir le voir à Paris, mas il reste Lille, Lyon,  Marseille, Bruxelles, voire Berlin ou Rome...


Si vous souhaitez voir et écouter Joe Jackson en 2012, à l'occasion de son passage à l'Olympia pour son album, The Duke, c'est ici :

 

 

 

 

 

 


20/02/2016
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